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Équicoaching : la réalité augmentée par le cheval

Publié le : 05/10/2020 15:03:41
Catégories : Développement personnel , La Presse en parle , Vie en société

Équicoaching : la réalité augmentée par le cheval

En plein débat sur la bioéthique, l’homme augmenté fait la une : la technologie aurait désormais les moyens d’enrichir nos perceptions des éléments de la réalité qui nous viennent de notre environnement. Un casque de réalité augmentée nous donne des informations sur les bâtiments ou les commerces situés à proximité. Les avancées technologiques de ce début de 21ème siècle sont sans précédent : pour la première fois de l’histoire de l’humanité, la pensée rationnelle de l’Homme est en passe d’être supplantée par la machine.

Il serait alors tentant de confier à l’intelligence artificielle le soin d’apporter à l’Homme des solutions à l’intégralité de ses problèmes. Plus rien ne saurait lui résister : toute situation pourrait être mise en équation et aucune difficulté, aussi complexe soit-elle, ne saurait rester sans résolution.

Mais plus est-il synonyme de mieux ? Par ailleurs, il est une forme d’intelligence qu’aucune machine à ce jour n’est capable de d’évaluer, et moins encore de remplacer : l’intelligence émotionnelle. Alors, intelligence artificielle ou intelligence naturelle ? Vous vous intéressez plutôt à la seconde ? Nous avons des choses à vous dire – et les chevaux aussi !

Le cheval miroir des émotions

Le cheval, miroir de l’état intérieur de l’humain avec qui il interagit, met ce dernier en face de sa réalité émotionnelle. Il a sur lui un effet de miroir grossissant : il lui permet de prendre conscience, dans l’instant présent, des sensations et émotions qui le traversent, et de ses comportements. Voilà en résumé le principe de la médiation équine. Mais lorsque vous vous trouverez avec quelque 500 kilos à vos côtés, cette réalité se trouvera sensiblement augmentée !

Les recherches récentes des neurosciences s’intéressent de plus en plus aux animaux, notamment à ceux qui fréquentent l’humain depuis des siècles, voire des millénaires. Chez le cheval, l’intelligence émotionnelle est une composante partagée par tous les représentants de l’espèce et l’ingrédient majeur de la relation à l’autre. Cela en fait un puissant allié de l’homme pour s’interroger sur ses fonctionnements et l’alchimie des interactions humaines. Il n’est pas excessif de prétendre que le cheval est en capacité de « lire » l’état émotionnel de son interlocuteur.

Après avoir, à travers l’histoire, servi l’homme dans ses travaux difficiles, ses guerres et ses migrations, le cheval acquiert aujourd’hui un autre statut : celui de partenaire-coach. Il nous invite à reconnaître l’émotion, à l’identifier, à l’accepter et à la prendre en charge, dans la mesure où il exprime sans filtre son état émotionnel, tout en prenant en compte, sans jugement, l’état émotionnel de l’autre afin d’y réagir adéquatement pour lui et dans l’intérêt du troupeau.

Pour y parvenir, le cheval s’appuie sur des compétences hors normes. Animal de proie depuis 60 millions d’années (contre six petits millions pour l’humain), le cheval a développé une sensibilité hors du commun. Hypersensible – il est capable de détecter la pression sanguine d’un humain alors même que celui-ci n’en a pas conscience – et doté d’une mémoire énorme, le cheval est néophobe, ce qui le rend particulièrement sensible à ce qui est nouveau, ce qu’il ne connaît pas (du grec : néo, nouveau et phobein = craindre/éviter). Cette caractéristique, étudiée par les spécialistes de l’éthologie cognitive, a permis au cheval de survivre grâce à son mode de vie grégaire (il ne doit sa survie qu’à la collaboration entre les membres du troupeau). Cela en fait un allié de choix pour se connaître et apprendre à travailler en équipe !

Éclairer ses points aveugles

Le cheval augmente notre réalité en éclairant nos points aveugles, ce que je ne vois pas de moi, mais que les autres voient ! Il amplifie le signal, mais à la différence de notre entourage humain, il nous le rend acceptable par sa totale bienveillance. Alors que trop souvent, lorsqu’elle est brutalement éclairée par l’autre, qu’il s’agisse de nos collègues, de notre famille ou de nos amis, une mise en lumière brutale et non consentie nous aveugle et éveille nos résistances.

Ainsi la médiation équine peut-elle vous sortir de votre champ habituel de compréhension, et vous ouvrir des horizons d’action que vous n’auriez pas soupçonnés jusque-là :

  • Le cheval nous pousse à affiner notre observation et nos ressentis, et à abandonner nos interprétations issues du passé, que nous téléchargeons en permanence afin de nous raccrocher à quelque chose de connu, qui rassure, qui est éprouvé, même si cela donne un résultat inutile voire contre-productif !
  • Notre réalité d’ici est est augmentée par la simplification de la relation. Déconnectée de la technologie, des sollicitations permanentes de la « communication » à tout prix, il n’y a plus d’artifice, la relation s’exprime d’animal à animal : nous nous reconnectons à nos capacités de mammifère et apprenons à les ré-exercer ! Nous augmentons la qualité de nos interactions avec autrui, notre réalité s’enrichit de ces aptitudes « nouvelles » Sentir l’émotion, le bien-être, la crainte, la surprise, la curiosité… Et oser l’exprimer de façon authentique.
  • Nous retrouvons le sens de ce qui est essentiel : la réalité telle qu’elle est. Nos biais cognitifs et nos croyances limitantes n’ont plus lieu d’être et cessent d’encombrer nos relations. La réalité augmentée que nous propose la relation au cheval permet de débarrasser la relation des artifices de la « communication » élaborée et névrotique de nos environnements modernes.

Alors que la technologie agit comme un filtre et appauvrit le champ sémantique de la relation (qui sur les réseaux sociaux, peut se résumer à quelques hashtags assortis d’émoticons caricaturaux), au contact de l’équin, nous nous retrouvons dans une réalité « pure », d’être à être. Et forts de nos apprentissages, nous pouvons retourner enrichis et « augmentés » dans la réalité « diminuée » du business as usual. Avec la conscience de cet appauvrissement, vous pourrez à votre tour augmenter la réalité de l’autre et enrichir la relation et l’interaction !

Challengez vos compétences !

Dans le cadre d’une séance d’équicoaching, le coach crée – et sécurise – les conditions d’une interaction entre un ou plusieurs chevaux et un ou plusieurs humains (les coaché.s), selon qu’il s’agisse d’un coaching individuel ou d’équipe. L’équicoaching est une invitation à s’inspirer des modes de fonctionnement des chevaux. Sans artifice, l’humain l’est aussi dans cette interaction puisqu’en réalité, il ne peut compter que sur la qualité de sa présence, la force de son intention, la clarté des informations qu’il transmet et son agilité à explorer de nouvelles façons de faire. Particulièrement s’il ne parvient pas à inciter son interlocuteur cheval à exécuter ce qu’il lui demande !

Pendant la séance, le cheval engage une forme de conversation dans laquelle le statut social, la tenue vestimentaire, le passé ou le futur de l’humain n’ont pas cours. Il est sans artifice ; ses algorithmes sont sensitifs mais loin d’être artificiels. C’est un maître en matière d’intelligence émotionnelle, relationnelle et situationnelle. Agissant selon son instinct, sans jamais « se croiser les neurones », il reste en permanence attentif à ses ressentis corporels comme autant de signaux d’alerte. Il jauge la personne qui se trouve en face de lui et, au travers des émotions qu’il perçoit, il évalue l’intention de son « interlocuteur ». C’est dans la réponse du cheval que le coaché et le coach pourront lire la réalité intérieure du coaché et progresser dans la problématique de la séance.

En nous challengeant nous humains, avec plus ou moins de vigueur selon notre capacité à entendre les messages qu’il nous envoie, le cheval nous donne accès à notre réalité intérieure tout en veillant au respect de notre écologie interne. À son contact, nous pouvons aller chercher au plus profond de nous ce qui nous fait vibrer, nous donne la force d'engager une action et l’envie de nous surpasser dans la relation à soi et à l’autre. En ne gardant que ce qui est essentiel et productif.

Pour cela, le rôle de l’équicoach est à la fois actif et discret. Actif car il doit créer l’espace de l’interaction (sécurité du client, choix du cheval, consigne, etc.) ; discret car il doit laisser toute la place au cheval pendant l’interaction, et suggérer plutôt qu’imposer.

Les professionnels de l’équicoaching vous le diront : il s’agit d’un métier à part entière, qui ne s’improvise pas : il fait appel à une double compétence, qui allie la parfaite connaissance du cheval à l’expérience du coaching. Pour faire valoir ce métier émergent et en préserver l’indispensable qualité, les équicoachs se sont récemment organisés au sein d’un syndicat professionnel. Des formations existent un peu partout dans le monde. Renseignez-vous !

Révélateur d’expérience

Quel révélateur instantané et accélérateur d’expérience, ce cheval ! Pour peu que vous soyez accompagné d’une paire d’yeux extérieurs, il vous invite à augmenter votre perception et votre compréhension de vous-même et de votre environnement. C’est le rapport de vivant à vivant qui augmente notre réalité et fait de nous des humains augmentés. L’émotion en est le substrat ; le partage de nos réalités dans le respect mutuel, première étape de la confiance partagée, est la pierre de touche de la performance.

Guillaume Antoine, Laure Soulage, Stéphane Wattinne
Auteurs de Le cheval coach, l’équicoaching : une expérience transformante

Synpaac : synpaac.org

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